Hypnose : 5 mythes qu'il est temps de mettre à la retraite
- Eric Marchesseault
- 15 mai
- 6 min de lecture

Avoue-le. Quand on te dit hypnose, une image apparaît dans ta tête. On voit souvent quelqu’un qui balance une montre de poche. Ou bien Mesmer sur scène qui fait imiter un poulet à monsieur tout‑le‑monde, et le public rit. Tu as l’image d’un film des années 90 où le héros se fait laver le cerveau.
C’est une peu normal d’avoir ses réflexes puisque c’est ce qu’on nous présentait à la télévision et en spectacle.
Le problème de perception est que l’hypnose pratiquée en thérapie ne ressemble guère à ces idées. Tant que les images restent fixées dans ta tête, cette situation rend difficile de franchir la porte d’un cabinet pour traiter le sommeil, la cigarette, l’anxiété ou le petit hamster qui ne veut pas quitter sa roue.
Mythe 1 : « L'hypnothérapeute contrôlerait mon esprit »
Le mythe qui retient le plus de gens est la peur. La peur de se retrouver mou comme une guenille dans un fauteuil pendant que quelqu’un murmure des suggestions et pousse la personne à faire ou à révéler des choses que la peur ne voudrait pas.
La réalité, tu restes entièrement toi‑même. Si l’hypnothérapeute te propose une suggestion qui contredit tes valeurs ou ta volonté, le cerveau répond simplement « non merci » et le cerveau te fait sortir doucement de l’état d’hypnose. Les recherches, qui s’étalent sur plusieurs décennies, montrent qu’une personne sous hypnose n’a jamais été poussée à faire ce qu’une personne refuserait en état normal.
Ce qui se passe ressemble à une conversation guidée. Le client entend la voix du thérapeute. Le client peut répondre (parfois à voix haute, parfois juste dans la tête). Le client peut ouvrir les yeux à tout moment. Le client peut dire « non, cela ne convient pas » et le thérapeute s’ajuste. L’hypnothérapeute ne tient pas une télécommande sur le cerveau du client. L’hypnothérapeute tient une lampe de poche pendant que le client visite le paysage intérieur. Le client choisit ce qu’il regarde.
Mythe 2 : « Il faut être influençable ou avoir un esprit faible pour être hypnotisable »
Cette phrase me fait vraiment rire, car le contraire exact est vrai.
Les personnes qui entrent le plus facilement en état d'hypnose ont souvent une grande capacité de concentration, une imagination vive et une bonne intelligence émotionnelle. Alors, si tu te dis « je suis trop cartésien, je suis trop tête forte, cela ne marchera pas sur moi », prépare-toi à être surpris. Le contraire se produira probablement.
L'état d'hypnose n'est pas de la naïveté. L'état d'hypnose est une concentration. La même concentration apparaît en lisant un bon roman, au point de ne plus entendre le bruit autour. En conduisant sur l'autoroute, le conducteur constate avoir parcouru trente kilomètres sans vraiment savoir comment. La concentration n'était pas « faible d'esprit » à ce moment‑là. La concentration était simplement profondément focalisée sur autre chose que l'environnement immédiat.
L’hypnose est un état d’hyper‑concentration, avec une direction claire et une intention thérapeutique.
Mythe 3 : «C’est la même chose que l’hypnose de spectacle »
Un siècle de variétés télé et de soirées de bar animées nourrit le mythe. Le mythe rend légitime le fait de poser la question.
La différence réside dans l’intention. L’hypnose de spectacle constitue du divertissement. L’hypnose de spectacle sélectionne les volontaires les plus suggestibles et les plus à l’aise pour se produire, puis l’hypnose de spectacle les conduit à réaliser des actes amusants afin de faire rire. L’hypnose de spectacle est un spectacle, et l’hypnose de spectacle est loin de l’hypnose thérapeutique.
À l'époque, j'avais des douleurs physiques qui me suivaient partout, depuis des mois. Je ne savais pas encore que c'était de l'anxiété (j'étais convaincu que le problème était purement corporel). Un soir, je me retrouve dans la salle à un spectacle de Messmer, et je me fais sélectionner sur scène. Pendant la séance d'hypnose, quand on me teste, mes douleurs avaient disparu. Complètement. Disparues.
C'est en redescendant de cette scène-là que j'ai eu un déclic un peu vertigineux : si ces douleurs peuvent partir comme ça, c'est qu'elles ne sont peut-être pas (juste) dans mon corps. Elles partent d'ailleurs. De plus haut. Et c'est là que j'ai découvert qu'il existait une version thérapeutique de tout ça, pas pour faire rire une salle, mais pour travailler ces choses-là en profondeur, dans un cadre calme et confidentiel.
Deux séances d'hypnothérapie plus tard, la boule que j'avais au ventre depuis des mois était partie. Je n'en revenais pas. J'ai voulu comprendre comment ça fonctionnait, j'ai entrepris la formation au complet, et plus de 15 ans plus tard, me voilà à écrire sur le sujet.
Donc je peux te le dire de l'intérieur, des deux côtés du rideau : la différence entre les deux, c'est l'intention. L'hypnose de spectacle, c'est du divertissement. On sélectionne dans la salle les volontaires les plus suggestibles et les plus à l'aise à se donner en spectacle, puis on les amène à faire des trucs cocasses pour faire rire. C'est un show. Et c'est très loin de ce qu'on fait en cabinet.
En cabinet, il n'y a pas de public. Personne ne te regarde. Personne ne va rire de toi. On est deux, dans une pièce calme, parfois trois si tu comptes le chat. Je n'ai aucun intérêt à te faire imiter un poulet, je suis là pour t'aider à mieux dormir, à apaiser ton anxiété ou à reprendre confiance. Le ton est lent, posé, presque conversationnel. Aucun spotlight, aucune musique dramatique.
L'image que j'utilise souvent : l'hypnose de spectacle est à l'hypnothérapie ce que la gymnastique olympique est au cours de yoga du dimanche matin. Même famille, deux mondes complètement différents.
Mythe 4 : « Je vais m'endormir. Je ne saurai plus ce qui se passe »
Très peu de personnes s’endorment réellement en hypnose. La plupart des participants décrivent l’expérience ainsi : « J’étais très détendu, j’entendais tout ce que le praticien disait, mais je me sentais ailleurs en même temps. » Cette description correspond exactement à la réalité.
L'état d'hypnose est un état intermédiaire entre l'éveil et le sommeil. L'état d'hypnose garde la conscience. L'état d'hypnose laisse un souvenir de la séance, souvent avec la sensation que le temps a passé très vite. L'état d'hypnose permet d'ouvrir les yeux à tout moment. L'état d'hypnose autorise à se lever et à partir si on le souhaite, mais personne ne veut quitter cet état, car l'état d'hypnose est très agréable.
Cela est un état qui se manifeste plusieurs fois chaque jour, sans le remarquer. L’état apparaît juste avant de s’endormir, au réveil, quand le film capte l’attention, ou lorsqu’une tâche manuelle et répétitive fait décrocher le mental. Le cerveau connaît déjà l’adresse. En thérapie, le thérapeute prend le temps d’y aller, de l’installer, pour faire un travail utile.
Mythe 5 : « Une seule séance suffit, cela règle tout pour toujours »
Cette phrase provient des publicités un peu trop enthousiastes (« Arrêtez de fumer en 1 séance garantie ! »). Je suis franc : parfois, une seule séance suffit, mais cela ne constitue pas la règle.
En fonction de ce que tu viens de travailler, on estime généralement trois séances ou davantage. Le sommeil peut se débloquer assez rapidement. L’anxiété chronique qui dure depuis quinze ans nécessite davantage de temps. Une habitude bien enracinée comme la cigarette demande souvent un peu plus de temps. Une confiance fortement ébranlée se reconstruit étape par étape. Et cela est correct.
L'hypnothérapie ne fonctionne pas comme un tour de magie. L'hypnothérapie réorganise les pensées à un rythme qui respecte le corps. Si quelqu’un te promet la lune en une seule séance, quel que soit l’enjeu, quel que soit ton histoire, je pense que cela est le bon moment de poser des questions.
Je peux promettre que chaque séance laisse quelque chose. Chaque séance apporte une nouvelle compréhension. Chaque séance fait revenir une sensation de détente oubliée. Chaque séance déclenche un petit déclic qui colore la semaine. Ce déclic n’est jamais spectaculaire d’un seul coup. Ce déclic entraîne souvent un changement de cap qui se confirme doucement, kilomètre après kilomètre.
Maintenant ?
Si tu es arrivé ici, cela est probablement parce que la curiosité l’emporte sur la méfiance. La curiosité crée du beau, et la curiosité suffit comme point de départ.
L'hypnothérapie ne convient pas à tout le monde et ne répond pas à tous les problèmes. Mais pour le stress, le sommeil, l'anxiété, les habitudes tenaces, la confiance en soi, la préparation mentale, la douleur chronique, l'hypnothérapie agit comme un outil très puissant et très doux.
Si tu as encore des questions, il vaut mieux ne pas les garder pour toi. Nous pouvons prendre quinze minutes, gratuitement, par téléphone ou en visio. Tu me décris ce qui t'amène, je te dis clairement si l'hypnose peut t'aider ou non, et nous vérifions si le courant passe.
Pas de pression. Pas de vente forcée. Juste la conversation.
Tu veux faire un premier pas concret?
Si cet article t'a parlé, j'ai préparé quelque chose pour toi. Un petit guide gratuit : GPS interne — Recalcul en cours. Cinq étapes douces pour te recentrer quand tu sens que tu avances sans trop savoir où. Ce n'est pas de l'hypnose mais ça peut t'aider à amorcer une réflexion
C'est une approche coaching de ce qu'on explore ensemble en accompagnement — à lire à ton rythme, sans pression, sans engagement.
Gratuit · Sans engagement Tu veux en savoir plus sur mon accompagnement? Tout est sur mon site autant pour les rencontres en présence qu'en ligne.


Commentaires