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Peur de l'avion : le jour où Nancy a dit « GO, on part! »
Une peur de 9 sur 10, deux nuits presque blanches avant le départ… et un vol aller-retour réussi. Le récit d'un accompagnement qui ne s'est pas arrêté à la porte du bureau, raconté en partie par Nancy elle-même.

Nancy a 50 ans. Elle a une famille, des collègues, une vie bien remplie. Et depuis des années, une peur décide à sa place : celle de l'avion.
En octobre, elle a pris un vol aller-retour. J'étais assis à côté d'elle. Voici comment on s'est rendus là, avec ses mots à elle aux moments où ils sont plus justes que les miens.
Une peur qui n'avait rien à voir avec le danger
Quand on pense à la peur de l'avion, on imagine souvent la crainte d'un accident. Ce n'était pas son cas.
« Je ne craignais pas le danger, je craignais de faire une crise de panique et de perdre le contrôle dans un endroit d'où je ne peux pas sortir. Dans un avion, impossible de prendre la fuite. »
Sur une échelle de 1 à 10, elle situait sa peur à 9. Les deux jours avant le départ, elle a à peine dormi : le vol tournait en boucle dans sa tête.
C'est un mécanisme que je vois souvent lors des rencontres. Ce n'est pas la situation elle-même qui épuise, c'est l'anticipation : tous les scénarios que la tête fabrique d'avance, et dont la plupart n'arriveront jamais.
La préparation : redonner le choix
Nous avons d'abord travaillé en rencontres préparatoires, avec les outils de l'hypnose et de la PNL. Le but n'était pas de la « forcer » à monter dans l'avion. C'était de faire baisser la pression de l'anticipation, et surtout de lui redonner une chose que la peur lui avait enlevée : le sentiment d'avoir le choix.
« Le calme, la bienveillance, sans jugement. Je me sentais libre de faire mes propres choix, avancer ou reculer. Je me sentais en sécurité. Je n'ai jamais senti de pression. »
Ce point est central. Quand une personne sait qu'elle peut reculer à tout moment, son système nerveux n'a plus besoin de se battre. Et paradoxalement, c'est souvent là qu'elle ose avancer.
Le jour J : une étape à la fois
Le jour du vol, on n'a pas abordé le défi d'un seul bloc. On l'a découpé : arriver à l'aéroport, passer la sécurité, attendre à la porte, embarquer, s'asseoir. À chaque étape, elle vérifiait son ressenti, puis décidait du pas suivant.
Elle a aussi parlé ouvertement de sa peur au personnel de bord. C'est là que sont arrivées les surprises auxquelles on ne pense jamais dans nos pires scénarios.
« L'accueil à bras ouverts de gens habitués. Des gens de cœur autour qui se soucient de mon bien-être. Le bonheur d'être assise dans un avion, c'est déjà une réussite en soi. Réaliser que je me sens bien et que je peux encore décider si je vole ou si je retourne chez moi, en toute conscience. Faire un choix éclairé, prendre la décision de dire GO, je me sens bien, on part! »
Une fois en vol, le moment redouté est devenu… un moment agréable. On a jasé, on a ri, on a pris des photos de la vue. Je m'étais préparé à faire une intervention d'hypnose en plein vol, au besoin. Ça n'a pas été nécessaire.
« C'était chouette, agréable et naturel! »
C'est peut-être ce qui me rend le plus fier de cet accompagnement : le travail était déjà fait avant le décollage. Ma présence a servi de filet de sécurité, pas de béquille.
Ce qu'elle dirait à quelqu'un qui a la même peur
J'ai demandé à Nancy quel conseil elle donnerait à une personne qui vit ce qu'elle vivait. Sa réponse vaut mieux que tout ce que je pourrais écrire :
- Ne pas voir le défi dans son ensemble. Faire une étape à la fois et évaluer son ressenti à chacune.
- Se méfier de l'anticipation. « Le plus difficile, ce sont les scénarios, alors qu'on n'est pas devin et qu'on ne sait pas ce qui arrivera. »
- Avancer d'un pas de plus, et prendre une photo mentale du moment.
- Oser parler de sa peur. « Nous ne sommes pas les seuls. Ça existe! »
- Se laisser surprendre par la bienveillance des gens autour, même des inconnus.
Après son vol, elle écrivait sur sa page Facebook :
« Oser vaincre ses peurs… c'est savourer l'immense cadeau qui vient juste après! »
Et au travail?
La peur de l'avion n'est qu'un exemple. Le même mécanisme (l'anticipation, la peur de perdre le contrôle, l'envie de fuir) se retrouve chez bien des gestionnaires : avant une présentation devant un conseil d'administration, une conversation difficile avec un employé, ou un déplacement professionnel qu'on repousse depuis des mois.
C'est pour ça que j'ai créé le forfait Décoller : préparer la personne avec l'hypnose et la PNL, puis l'accompagner dans la vraie situation. Parce que quand le moment compte, je ne reste pas dans mon bureau.
Récit et photo publiés avec l'accord de Nancy. Ses propos ont été légèrement révisés pour la lecture. L'hypnose ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsqu'il est nécessaire.

